Les FRCI tuent un manifestant pro-Gbagbo a Lopou

Après avoir suivi hier la première comparution du président Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) où il a été transféré la semaine dernière, les populations de la sous-préfecture de Lopou, dans le département de Dabou, ont manifesté bruyamment dans les rues du village pour réclamer sa libération. Cette audace, les Frci le leur feront payer cash. Particulièrement visés, les jeunes, sortis en grand nombre, qui ont parcouru les rues du village de René Diby pour crier leur indignation et demander la libération du président Gbagbo. Une descente musclée des hommes en armes dans le village s’est soldée par un mort par balles et de nombreux blessés graves. La victime qui répond au nom de Mélèdje Esmel, du quartier Gbadaf, atteinte grièvement à l’abdomen, a été conduit d’urgence au dispensaire du village puis à Gomon, un village du département de Sikensi, pour des soins. Aux dernières nouvelles, l’infortuné a succombé à ses blessures. En outre, le village a enregistré de nombreux blessés. Certains ont pu être transportés d’urgence au dispensaire du village ou ailleurs pour des soins, quand d’autres, terrés chez eux ou dans des cachettes après le tsunami, étaient condamnés à mourir à petit feu. Le déroulement des faits est digne des films Western.

Aux environs de 14 heures, alors que les manifestations continuaient, et que les chants à la gloire du président Gbagbo fusaient de partout, un détachement de FRCI armés jusqu’aux dents débarque dans le village. C’est le sauve-qui-peut. Commence alors une chasse à l’homme avec pour principales cibles, tous ceux qui arboraient des tee-shirts et pagnes à l’effigie de Gbagbo. Le village est bouclé par les FRCI qui tirent dans tous les sens et pénètrent dans les cours pour y défoncer les portes et faire des fouilles et procéder à des arrestations. Mais aussi, hélas, faire main basse sur les biens des populations. Le village pris en otage ressemblait à un cimetière à 18h, personne n’étant autorisé à mettre le bout de son nez dehors.

C’est seulement aux alentours de 20h que les FRCI desserreront l’étau autour du village, sans vraiment se retirer définitivement. Les uns et les autres pouvaient donc sortir de leur cachette, qui de la brousse, qui de la pièce la plus insoupçonnée de sa maison. Pendant tout ce temps, se plaignent les populations, le sous préfet de Lopou, Mme Koné Fatoumata, n’a daigné faire le déplacement pour calmer la situation. Par ailleurs, tous accusent le chef résident (suppléant du ministre René Diby) et ses hommes d’être à l’origine de ce drame. Les membres de la chefferie de Lopou – tous d’obédience RHDP - auraient fait appel aux FRCI pour infliger une correction aux pro-Gbagbo du village qui n’étaient à leur premier essai.

 

source: Le Nouveau Courrier

Nombre de morts: 
1
Nombre de blessés: 
5
Date: 
Lundi, 5 Décembre, 2011
Lieu: 
Lopou
Geolocation
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